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Pierre Espérance attaque des juges de la Cour de cassation

Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a vertement critiqué la délégation composée de 4 juges de la Cour de cassation, Me Jules Cantave, Me Joseph Mécène Jean-Louis, Me. Wendelle Coq Thélot et Me. Louis Pressoir Jean-Pierre, qui s’est rendue à Washington, la semaine écoulée. Le militant qualifie cette démarche qui a permis aux juges de s’entretenir avec des « Congressmen américains » et autres membres de l’administration américaine, de visite de la « honte » qui contribuera à égratigner un peu plus l’image du pouvoir judiciaire, appelé à maintenir l’équilibre entre les autres pouvoirs de l’État.

Pierre Espérance dans une interview accordée au National, mardi, accuse les juges de la Cour de cassation de faire du lobbying à l’étranger pour avoir le contrôle du pouvoir et de la transition. Une attitude scandaleuse, selon le militant des droits humains, qui voit dans cette démarche la main cachée de certains éléments de la classe politique et de certains groupes de parlementaires. Sans vouloir citer les noms de ceux-là qui manœuvrent dans l’ombre au profit des juges, M. Espérance avance que cette initiative des membres de la Cour suprême haïtienne ne permettra pas de résoudre la crise dans laquelle le pays se trouve plonger depuis quelque temps. Cette visite des juges avait été rapportée dans « le numéro 285 » du National.

Les juges avaient répondu à une invitation de « Haïti Democracy Project ». Une entité que Pierre Espérance qualifie de partisane, surtout en considérant sa manière de procéder. Aussi a-t-il fait remarquer que cette visite des 4 juges fait suite à celle d’une délégation de plusieurs parlementaires, de l’opposition pro-PHTK une semaine auparavant. Toutefois, précise M. Espérance, cette démarche n’aura aucune incidence sur le pays, car la crise doit être résolue par les Haïtiens. Et la décision des États-Unis, via son secrétaire d’État aux Affaires étrangères, John Kerry de n’accorder aucun nouveau fonds et de financement aux élections, ne seraient, argumente-t-il, nullement la résultante de ces visites.

« Privert a toujours été de facto ! »

Outre la visite des juges de la Cour de cassation, Pierre Espérance nous a également entretenus sur les échéances qui attendent le pays, sur le statut du chef de l’État, Jocelerme Privert. « Depuis le 7 février, nous ne sommes plus dans la constitution », a-t-il lancé tout de go. Poursuivant son argumentaire, le directeur exécutif du RNDDH a ensuite soutenu que ce n’est pas le 14 juin qui a rendu le président de la République de facto. « Il l’a toujours été ». Aussi croit-il que la solution aux problèmes du pays ne peut provenir seulement de la volonté du Parlement.

Malgré les échéances électorales, Pierre Espérance appelle  Jocelerme Privert à trouver un consensus plus large avec les autres secteurs de la vie nationale, une manière de créer les conditions à la tenue des scrutins du 9 octobre. « Sinon, le président doit démissionner », a martelé M. Espérance, soulignant que le pouvoir Privert est un partage de gâteau avec le Parlement. Et les parlementaires sont devenus de plus en plus gourmands, insiste-t-il, arguant que l’Assemblée nationale n’a même pas 1 % de chance de se réunir pour statuer sur le sort du chef de l’État comme inscrit dans l’accord du 5 février.

Le chef de file du Réseau national de défense des droits humains s’est également montré sceptique par rapport au respect du calendrier électoral, et de l’échéance du 9 octobre, dans les conditions actuelles. Pour M. Espérance, il n’y a pas de date mythique. Il n’aurait aucun problème avec le report des élections, dans la mesure où un accord plus large est trouvé et que la date du 7 février 2017 devant marquer un retour à l’ordre constitutionnel, avec la mise en place d’un président élu, soit respectée.

Les trois pouvoirs de l’État sont en crise, selon la lecture de Pierre Espérance qui soutient que le judiciaire tout comme les autres pouvoirs, a un rôle à jouer pour sortir le pays du bourbier dans lequel il patauge. La solution doit être haïtienne, a-t-il répété, tout en manifestant sa joie devant le refus de l’International de financer les élections en Haïti qui sont un acte de souveraineté.

 

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