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Opont se dit maintenant en mesure d’identifier et de punir les fraudeurs

Objet de vives critiques et de dénonciations depuis les élections du 25 octobre, le Conseil électoral provisoire sort un communiqué mercredi, plus de deux semaines après le scrutin, pour reconnaître qu’il y a eu effectivement des cas d’irrégularités et de fraudes le jour du vote. Pierre-Louis Opont, qui se dit en mesure d’identifier les fraudeurs, promet de les sanctionner.

« Le Conseil électoral provisoire informe qu’il a pu identifier, après enquête et analyse des deux cent quatre-vingt-seize (296) procès-verbaux (PV) mis à l’écart, disponibles sur le site, un ensemble de fraudes. En référence à l’article 171. I, les auteurs et complices de ces fraudes seront identifiés, poursuivis et punis pour violation du décret électoral », lit-on dans ce communiqué no 92 qui porte la signature de Pierre-Louis Opont, président du CEP.

Ces fraudes, selon le communiqué no 92 du CEP, sont caractérisées par : des votes supérieurs aux électeurs du bureau de vote ; le numéro de CIN différent de celui de vote ; des données manquantes avec faux CIN ; des PV non conformes avec la feuille de comptage ; différence entre chiffres et lettres du comptage de votes ; listes électorales partielles (LEP) ne correspondant pas aux PV ; altérations frauduleuses (PV sans LEP) ; LEP avec faux CIN et vote sans CIN.

Le CEP rappelle les prescrits de l’article 168 du décret électoral qui stipulent que : « le procès-verbal de dépouillement est dressé, puis signé par les membres du Bureau de vote et par les représentants de partis, groupements politiques, de cartels ou de candidats ».

En conclusion, l’institution électorale se dit « en mesure d’identifier le personnel vacataire responsable de ces infractions, punies par les articles 211 et 211.1 dudit décret, ainsi que les mandataires de partis et les observateurs ayant apposé leurs signatures sur de tels PV ».

Cependant, le CEP n’a pas précisé si ces 296 procès-verbaux concernent uniquement l’élection présidentielle, puisque le 25 octobre dernier, il y avait également des élections législatives et municipales. En outre, la question que plus d’un se pose est pourquoi Pierre-Louis Opont et son équipe ont attendu plus de deux semaines après le scrutin pour faires ces révélations?

Des données rendues publiques par le Centre de tabulation des votes 24 heures avant la publication des résultats préliminaires de la présidentielle font état de 490 procès-verbaux mis à l’écart sans pour autant donner des précisions sur les causes.

Le communiqué no 92 du CEP arrive dans un contexte où 7 candidats à la présidence, les mieux placés après le candidat du pouvoir, ont déjà adressé trois correspondances au président du CEP pour rejeter les résultats préliminaires du scrutin et exiger la formation d’une commission d’enquête indépendante et impartiale dans le but d’évaluer les cas de fraudes massives dénoncés par plus d’un et d’en fixer les responsabilités, conformément aux dispositions de l’article 239.1.

Ce communiqué no 92 du CEP arrive également dans un contexte où un député élu sous la bannière du PHTK, Antoine Rodon Bien-Aimé, dénonce des cas de fraudes électorales graves en faveur de Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir, le jour du vote.

Enfin, ce communiqué arrive dans un contexte où des milliers de gens ont gagné les rues de la capitale pour dénoncer les résultats du scrutin et exiger l’exclusion de la course électorale de Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir, pour avoir, selon eux, bénéficié des cas de fraudes et d’irrégularités enregistrés le 25 octobre.

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